Taisuke Hamada
1932 (Uwajima, Japon)
Taisuke HAMADA est un maitre-peintre traditionnel japonais rattaché à l’avant-garde de Kyoto. Formé aux techniques traditionnelles du Nihonga, il obtiendra son diplôme de l’Université Municipale des Arts de Kyoto. Au même moment en 1959, Hamada et une dizaine de ses pairs (notamment Shigeyoshi Iwata, ou encore Shingo Kusuda) formeront à Kyoto la « Cella Art Association », un groupe de peinture japonaise d’avant-garde. Sous le manifeste de « Cella », le groupe s’attachera à redéfinir plus largement l’expression artistique, en choisissant notamment des matériaux nouveaux et des techniques non conventionnelles (ex. Hamada utilisera en particulier et avec un réel génie le plâtre pour dépasser le style traditionnel et créer ainsi une nouvelle forme de peinture). Même après sa dissolution en 1964, Cella continuera d’exprimer la beauté du Japon – représentée par le Mont Fuji et ses fleurs de cerisier – tout en sortant du cadre imposé par la peinture japonaise conventionelle.
De 1960 à 1964, de nombreuses expositions Cella se tiendront avec succès au Japon et à l’étranger. En 1961, le groupe s’établira au « Cella Art Village » dans la ville de Kitashirakawa (près de Kyoto). Ce village de 5000 ㎡ qui était répartis en studios d’artistes, attirera rapidement l’attention de grands mécènes et collectionneurs américains (ex. John et Kimiko Powers de Philadelphie qui achèteront sur place pas moins de 150 œuvres, y compris quelques-unes de Hamada). De là, le parcours de Hamada culminera dès 1961 avec une 1ère exposition aux États-Unis. En 1965, Vincent Price (grand acteur américain, historien et collectionneur d’art passionné par les estampes Japonaises, mais aussi cuisinier gastronomique) retiendra son travail dans une grande exposition à Chicago (« Japanese Contemporary Artists »).
Hamada démarrera donc sa carrière avec une peinture avant-gardiste abstraite. En tant que « Action Painter » abstrait japonais – Hamada partagera avec nombre de ses compatriotes avant-gardistes un trait qui le distinguera du « Action Painting » classique d’après-guerre. En effet, de par une discipline spontanée et stricte et l’usage de techniques mixtes (acrylique, feuille d’or, aquarelle), les artistes japonais – et Hamada parmi les meilleurs – parviendront à produire de façon unique et singulière des peintures si incroyablement élégantes qu’on en arriverait à se demander si toutefois elles n’ont pas été réalisées par des alchimistes. Sur la fin de son parcours d’artiste et dans un élan purement spirituel cette fois, Hamada reviendra progressivement vers un style plus traditionnel avec notamment des paysages du Japon. Dans une récente exposition personnelle (« Samuraï », 2019) – qui connut un certains succès au Japon et à l’étranger – ses peintures serviront notamment de base dans la production de peintures murales et « fusuma » (ex. dans des temples – Daikakuji, Daigoji, ou Toji; et dans des sanctuaires – Kamigamo, ou Fushimi Inari). Hamada exercera par ailleurs aussi ces dernières années un rôle purement académique (ex. en tant que professeur au Kyoto Arts and Crafts University – KYOBI).
Le travail de Hamada témoigne d’un dialogue permanent entre tradition japonaise et modernité. A ce titre, il demeure une figure marquante parmi les artistes contemporains japonais de l’après-guerre. Ses œuvres figurent dans des grandes collections publiques et privées japonaises et américaines (ex. Musée National d’Art Moderne de Tokyo – MoMAT, The Art Institute of Chicago, The Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington, ou encore The Powers Art Center dans le Colorado), mais aussi dans des collections privées très prestigieuses (ex. The Harry N. Abrams Family aux Etats-Unis, ou encore Le Prince de Naples Victor Emmanuel de Savoie en Italie).
