Yoshinaka

Taizo Yoshinaka

1928 (Kyoto, Japon) – 1985 (Tokyo, Japon)

Taizo YOSHINAKA était un artiste « unique » initialement rattaché à l’avant-garde de Kyoto.  Du fait d’une paralysie de naissance à la jambe gauche, il échouera pendant la Seconde Guerre mondiale à l’examen d’entrée à l’école municipale d’art et d’artisanat de Kyoto.  A la même époque, il deviendra apprentis à domicile auprès d’un teinturier Yuzen et d’un sculpteur Bouddhiste.  En Juin 1946, Yoshinaka sera finalement admis dans la division « Peinture » de la nouvelle école des arts libéraux de Kyoto.  En Mai 1947, cette division deviendra le Kodo Art Institute par le biais duquel le jeune artiste commencera à exposer.  En 1950, avec divers autres artistes de l’institut, il formera la SaigyukaiColorful Ox Society ») et organisera des expositions.  Parallèlement, il fréquentera assidument un café-musique appelé Kisaragi où toutes sortes d’intellectuels et d’artistes – y compris des groupes avant-gardistes de Kyoto (ex. Young Ceramic Artists, Shikokai, Pan-real, ou encore Sodeisha) – se rencontraient pour « débattre » des théories de l’art.  C’est d’ailleurs dans ce lieu unique qu’étaient exclusivement exposées à Kyoto des œuvres d’art abstrait (ex. « Purple cat » de Yoshinaka).  Néanmoins, du fait de son ressenti de vide artistique, Yoshinaka déménagera sur Tokyo au printemps 1952.  Son nom ne réapparaitra à Kyoto qu’à l’occasion d’une exposition à la Seido Gallery en 1963 puis occasionnellement après cela dans des rétrospectives collectives de musées.

A Tokyo, Yoshinaka rencontrera On Kawara qui deviendra son ami proche.  En 1953, se tiendra sa première exposition personnelle à la Takemiya Gallery.  A cette époque, et à l’initiative de Taro Okamoto, l’artiste participera à la création du mouvement « Art Club » – dont l’objectif était de favoriser les groupes artistiques.  En 1955, Okamoto lui recommandera d’exposer au sein du Nika Kai – important groupe indépendant de peintres d’influence occidentale – dont il deviendra membre aussitôt mais qu’il finira par quitter avec Okamoto en 1961.  En 1956, il épousera Hisako Nishida qui le soutiendra admirablement durant toute sa carrière.  Toujours animé par un sens critique et un humour étrange, l’artiste enchainera sept grandes séries de peintures originales et cohérentes: octopus – 1953-1958; « objets hétéroclites » (ex. des clous) – 1959-1963; gravestone & legacy (ex. des collages) – 1964-1967; « photo-réaliste » (ex. des téléphones ou boites aux lettres « hyperréalistes ») – 1967-1971; Série illness & placebo – 1973-1975; « papiers monochromatiques » (ex. le vert en une seule nuance) – 1975-1981; et « peintures blanches ou paradoxical non-color » (sans couleur avec un processus unique de création par élimination) – 1973-1984.  En 1985, l’artiste – qui avait déjà montré dès la fin des années 1960 des symptômes graves de dépression – décèdera prématurément d’une maladie à l’âge de 56 ans.

Grâce à des expositions personnelles et collectives, Yoshinaka aura été fréquemment présenté dans des galeries japonaises (Tsubaki Kindai, Muramatsu, Tayama, Toki-No-Wasuremono, ou encore Bunkyo Art) – mais aussi à ses débuts dans des « Rental Galleries » typiques du japon (ex. Sato Gallery en 1955) – où le principal revenu du galeriste est le coût d’un espace à but non lucratif.  Par ailleurs, un grand nombre de musées et d’institutions japonaises aura exposé et occasionnellement acheté ses œuvres: Tochigi Prefectural Museum of Fine Arts; Chiba City – Takamatsu City – Striped House – Shoto – Kyoto Municipal – Miyagi – Shizuoka Prefectural (MoA); Toyoma – Hiroshima City – Kawamura & Hayama Memorial (MoMA); Ikeda Museum of 20th Century Art; Itabashi – Setagaya – Yamanaka-ko – Nagoya City – Nerima (Art Museum); Museum of Contemporary Art Tokyo; Kyoto – Osaka – Tokyo (The National MoMA); ou encore Tsurui Yosei Mura Hospital.

Yoshinaka aura réussi à représenter l’histoire spirituelle du peuple japonais après la guerre en peignant des objets plutôt que des figures humaines.  Dans ses œuvres pionnières du mouvement avant-gardiste Mono-haÉcole des choses », 1968-1975) – auquel il sera finalement rattaché – l’artiste n’aura jamais cessé de rechercher des images réelles et irréelles dans ses messages picturaux.